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 | Colloque sur la pensée et l'oeuvre d'Aimé Césaire à Santo-Domingo (République dominicaine) par Delia Blanco
|  | Écrivains haïtiens à Saint-Malo par Yves Chemla
|  | Éloge du métissage, suite
par Suzanne Dracius
|  | Éloge du métissage,
par Suzanne Dracius
|  | Littérature guyanaise et métissage,
par Sylviane Vayaboury
|  | Journalisme et littérature ivoirienne,
par Venance Konan
|  | Devoir de mémoire et bilan des indépendances,
par Mambou Aimée Gnali
|  | Poésie mauricienne,
par Yusuf Kadel
|  | Littérature malgache,
par Michèle Rakotoson
|  | Histoire de la littérature africaine,
par Boniface Mongo-Mboussa
|  | Aux origines de la littérature africaine,
par Boniface Mongo-Mboussa
|  | Jo'burg par Guy Tillim
|  | Haïti chérie, trésors de mémoire
|  | Premier flux de rescapés dans la Grande Anse par Jean-Claude Fignolé
|  | Moleskine in Brooklyn par Mamadou Mahmoud N'Dongo
|  | Entretien avec André Brink par Nathalie Philippe
|  | Rencontre Glissant-Chamoiseau
|  | Haïti, pourquoi pas ? par Charles Carrié
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| Article par Frédéric Ohlen
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Pour James Noël
C’était hier
Et depuis nous voici
Dans l’étau de la terre
Suffoquant dans l’attente
Dans ce qui bloque les mains la voix
Hébétés sous le poids
Sans la respiration du ciel et du soleil
Quand ne reste plus que la tendre
Échelle des mots
Faut-il dans nos paroles
Puiser l’eau silencieuse
Quand l’œil hurle
Dire
Non à la braise des bribes consumées
Non au frémissement des sabres
Louer la patience
De qui pour être
N’a qu’un mètre
carré
Car vous voici
À la belle-étoile
Au bord des routes
Dans les friches
À même le sol
Dans un embrassement si familier
En ces jours où la Mort se jette
À la face des passants
Chacun presse le pas
L’impuissance au pied des gravats
Tonne sur tonne empilées
Tout ce qui fut haché cassé pressé
En des ensevelissements insurmontables
Gluant de puanteurs de cris
Mais vous chantez vous chantez
Le ventre vide et les dieux absents
Vous chantez
Plus haut que les 4 x 4 de la police
Au-dessus du casque des soldats
Le droit
D’aimer sans mesure
De croire en ce qui viendra
Cherchant
De-ci de-là
Dans la poussière retombée
Dans le murmure des ombres
Le frère la mère l’ami
Et vous dansez vous dansez
Et vos prunelles flambent
Chaque fois que vos bras ligués
Arrachent un corps à la gangue
Cols de flanelle
Paupières battantes
Dans l’éclat retrouvé du mouvement
Je salue en toi Haïti
Cette foi plus vaste que la vie
Ou l’Histoire vengeresse
Qui vient et va sans cesse
Sans vous prendre jamais la jeunesse et la joie
Car il faudra revenir au jour
À la beauté des arbres
À la douceur du feutre
Au pays profond
Aux sentiers balayés des vents
Il faudra revenir au jour
S’abandonner au lavé des ruisseaux
Revenir au jour pour entendre
La parole du conteur
Se souvenir
Des promesses
De l’impossible retour
Alors que la terre s’ouvre
La ville violée d’un souffle
L’estoc des rochers
Cisaillant l’espace
La rue éclate – fumées de talc
La mort au fond des gorges
Dans l’arrière des larmes
Masques et suaires
Mais à quoi bon serais-tu né
Si tu cédais
À quoi bon l’errance
Nos barques jamais amarrées
De Port-au-Prince à Nouméa
Haïti
Ton sang devenu rouge
Coule sur mes épaules
Sur la grève brouillée de ta poitrine offerte
Tout homme aujourd’hui
Te regarde
Alors
Une seconde fois je saluerai
Ton cœur vivant
Qui bat qui bat qui bat
Entre les branches
Dans la broussaille du fer
Comme une mer s’ébroue
Haïti
Me sois-tu pupilles vives
Car revoici la Nuit !
Pourtant tout vient à toi
De partout ils accourent
À ton livre expiré
Tout manque
Mais la vague arrive
Des quatre coins de la Terre
Des quatre coins de nous
Pour te redonner toit
Comme une rondeur de mangues
Après le fracas
Et la ville elle-même se lève
Non plus de pierre
Mais dans la fièvre qui la recommence
Frédéric Ohlen
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