Ab imo pectore
En hiver est son coeur
Tête baissée, le poète pleure
Il n’y a pas de mot pour écrire l’indicible
Dans le cristal d’un verre
Où la lumière étincelle
Sombre un glaçon.
L’artiste plonge dans les abysses du désespoir
Là tout est obscur ; on s’éclaire aux chandelles
Vierge est l’étendue, sèche et grise la poussière
Boire la lie de ces liqueurs amères.
Dire, maudire, il cherche l’euphorie, la joie la vie ;
Elle sont dissoutes dans les abysses
Où les démons les défient.
Dans le givre polaire, le voyage est profond
Pour repousser le médiocre hors des frontières
D’un pays effondré
Ne plus voir les yeux vitreux des murs à terre
Frappé par l’aventure
Tête baissée l’artiste pleure
Du plus profond de son coeur
Ab imo pectore
Il cherche le dialogue avec l’Invisible
Pourquoi mon Dieu ?
Et tous prient pour Haïti
Sa destinée malheureuse.
Par Orion, Vega et Betelgeuse
Le boa perfide écume encore dans les volutes de fumée
Sous les brumes fottantes
Il se débat et renâcle.
L’artiste par absorption magique,
Voit, entend, se libère.
Un cri émane de son univers romantique
Happé dans les profondeurs, sans obstacle
Il peindra l’Éternel, les étoiles au firmament
À la dérive
Gelées comme une étendue d’icebergs
Les fleurs de neige et les rochers blancs, la débâcle.
Nadia Esteba
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